L’oenotourisme n’est pas un « vin » mot

Première destination touristique au monde et pays emblématique, la France accuse cependant un certain retard dans le domaine de l’oenotourisme par rapport aux vignobles étrangers. Un retard qu’elle entend bien combler…

Le vin n’est pas seulement une boisson issue de la vigne. Il peut aussi être un but de voyage. C’est, semble-t-il, ce qu’un nombre croissant d’acteurs de la filière découvre en ce moment. Poussé par la crise du vignoble hexagonal mis à mal par la concurrence des vins étrangers, le concept d’oenotourisme se développe. Et le conseil supérieur de l’oenotourisme, créé en mars dernier sous le parrainage du ministère de l’Agriculture et du Secrétariat d’état au Tourisme, entend bien amplifier le phénomène. L’organisme qui récompense les “initiatives exemplaires” dans ce domaine. “La France est la première destination touristique mondiale et le premier pays du vin mais elle n’est pas les premier pays de l’oenotourisme, déplore son Secrétaire général, Alexandre Lazareff. Le tourisme œnologue a davantage progressé dans d’autres pays.”
Les exemples abondent, en effet, au delà de nos frontières : wineries, en Californie ou en Australie, bodegas dans les vignobles espagnoles ou sud américains… Ouverts sur l’extérieur, quand les caves françaises sont enterrées, souvent conçues par de grands noms de l’architecture contemporaine, tandis que nos châteaux misent sur la tradition, ces ambitieux lieux de decouverte du vin trouvent leur public. Vont-ils faire leur apparition en France? On peur en douter. “On aimerait bien voir davantage d’initiative de ce type, reconnait Alexandre Lazareff. Mais elles ne correspondent guère à la culture de nos vignobles.”
“Hormis quelques cas isolés, ce modèle reste limité en France, renchérit Francois Perroy, consultant et fondateur d’Emotio Tourisme, agence basée dans le sud ouest, qui s’intéresse de près au sujet. L’objectif d’origine des grandes wineries anglo-saxonnes consistait à répondre à la demande d’un public qui commençait à s’intéresser à ce qui touchait à l’art de vivre en général, et au monde du vin en particulier. La question se pose différemment en France. Non seulement parce que le tourisme oenologique existe ici de longue date – La route des vins d’Alsace a été inaugurée en 1953 -, mais aussi parce que le vignoble français, morcelé et souvent familial, est très éloigné de l’univers des grandes wineries et bodegas.
Il s’agit donc de développer un oenotourisme à la francaise. Un concept plus intimiste que les wineries, proche de celui des chambres d’hôte. Les études tendent à démontrer que les vignerons indépendants auraient tout à y gagner. Une large majorité des touristes visitant les caves achète, en effet, quelques bouteilles et la vente à la propriété peut finalement atteindre le tiers des ventes du domaine. Reste à savoir si les vignerons sont prêts à jouer le jeu : accueillir les visiteurs avec le sourire et les guider dans leur découverte du vin. “Nous comprenons maintenant Ue nous avons beaucoup à apprendre de la pédagogie des vignoble du nouveau monde, qui ont réussi à faire découvrir le vin à des buveurs de bière, commente Alexandre Lazareff. Nous avons des leçons à tirer de cette concurrence.” le vignoble français cessant de regarder de haut les vins étrangers? Cela mérite, en soi, de déboucher une bonne bouteille.

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