Anniversaire d’un ami… Champagne!

Plus je consomme du champagne et plus je distingue différents modes de consommation. En effet, le champagne est considéré par le plus grand nombre de personnes comme le breuvage de fête par excellence. Il y a plusieurs moments et ainsi modes de consommation, voici ci-dessous les différents moments et les champagnes qui selon moi concordent avec l’événement :

Prenons tout d’abord l’exemple de l’anniversaire de mon meilleur ami que nous avons fêté ce weekend. Nous étions en petit comité et avons ouvert 2 bouteilles de champagne (1 en apéritif et 1 au dessert). Selon moi, l’apéritif est l’un des seuls moments où l’on peut ouvrir de belles cuvées car les papilles ne sont pas marquées et chacun est attentif à qui est ouvert. Ici j’ai ouvert l’une de mes cuvées favorites et abordables en terme de prix : le Laurent-Perrier brut millésimé. Mais à ce moment-là, d’autres pourraient y placer des cuvées exceptionnelles telles que l’Amour de Deutz 2002 blanc de blancs ou l’incontournable Dom-Perignon vintage 2002. La deuxième bouteille de champagne pour le dessert était, selon moi, essentiellement pour la forme. Après un repas consistant, les papilles sont chargées et l’on ne distingue plus beaucoup les notes et arômes du champagne. J’ai à ce moment placé un champagne de producteur (Récoltant Manipulant) dont les bulles accompagnaient correctement un roulé à la banane au chocolat. Un tel gâteau très fort en goût aurait éclipser la finesse d’un très grand champagne. L’acidité plus marquée et plus typique des champagnes des récoltants manipulants étaient la seule chose qui pouvait se démarquer face au chocolat et à la banane qui tapissaient la bouche. Ce repas aurait pu être tout au champagne si nous avions eu un plat plus raffiné. Les champagnes peu dosés (contenants peu de sucre) tels que le Drappier brut nature ou le Laurent-Perrier Ultra-brut accompagnent très bien des plats à bases de fruits de la mer. La différence de ces 2 champagnes est que le champagne Drappier fait beaucoup plus « vin » alors que les notes citronnées du champagne Laurent-Perrier fait beaucoup plus « apéritif ». Sur des plats plus complexes et plus puissant, le Drappier brut nature est aussi passe-partout. Cela est du à la forte proportion de Pinot Noir de certains champagnes qui donnent un côté très vineux et s’allient convenablement avec des plats de viande. Pour moi, le Bollinger Special Cuvée est le champagne le plus adapté mais des cuvées telles que le Billecart-Salmon Brut réserve ou le récoltant manipulant Egly-Ouriet sont de superbes découvertes sur des plats en sauce.

Bouteille Deutz Brut ClassicBouteille Amour de Deutz Blanc de Blancs 1999

Il y a également les soirées d’Anniversaire (ou pour d’autres occasions) entre amis où le champagne n’est pas au centre de l’événement. Les champagnes brut de récoltant manipulant sont le produit typique où les bulles sont juste nécessaires. Il est aussi possible de mettre un brut de maison de champagne tels que le Deutz Brut ou le Ruinart Brut. Le fait de mettre une marque de champagne dans n’importe quelle situation répond à un unique but : rassurer l’hôte sur la qualité du champagne quand ce dernier n’est pas connaisseur et conforter les invités d’être bien reçus. Ainsi certains hôtes se tournent vers des marques trop standardisées selon moi telles que Moet & Chandon et Veuve Clicquot. Le Diamant de Vranken répond à ce besoin car la beauté de la bouteille est aussi un aspect qui impose un champagne. C’est de cette façon que le champagne Demoiselle s’est imposée car la bouteille est très belle avec un liseret sur la base en plus d’une qualité plus que convenable.

Souvent offrir une bouteille de champagne, ou magnum, est une chose très courante pour un anniversaire. J’ai souvent vu des clients venir chercher une bouteille exceptionnelle telle qu’un Cristal Roederer pour l’offrir. Je suis plus d’avis à miser sur la quantité car c’est l’opportunité d’ouvrir une bouteille exceptionnelle pendant la soirée. Ainsi les magnums (1,5L), jeroboams (3L) et mathusalems (6L) sont les alternatives que je conseille. Pour le prix d’un cristal, il est possible d’accéder à un 3L de champagne brut de marque. Cela n’arrive pas souvent d’ouvrir une grosse bouteille de champagne entre amis et ce contenant peut facilement duré une grosse partie de la soirée (un peu plus de 80 flutes de champagnes pour un jéroboam 3L). Je conseille également de l’offrir frais pour le cadeau soit ouvert tout de suite, mais cela est mon envie partager immédiatement les choses..

J’espère que cet article donnant mon avis sur la consommation de champagne vous éclairera sur les diverses alternatives sur le même événement tel que l’anniversaire d’un ami ou pour son propre anniversaire..

L’Été, deuxième forte période de consommation de Champagne

Le Champagne suit les différents modes de consommation. Outre-Atlantique, l’on consomme du champagne en été sur les plages et autres carrés privés d’une certaine catégorie de personnes aisées. Ce mode de consommation revient en France et il n’est pas rare de voir sur les terrasses de bar des bouteilles de champagne. Il est également servi à la coupe sur les terrasses. Un client restaurateur qui a une belle terrasse propose notre champagne Dehu à la coupe. Accédant à un premier prix : 7€ la flute de champagne, les clients le préfèrent à un verre de whisky et à 1 verre de vin (2 ou 3€ moins cher).

Champagne Henriot Blanc de Blancs

Les consommateurs préfèrent des champagnes frais et faciles à boire. Ainsi les champagnes issus d’une majorité de Chardonnay ont le plus leur places. En effet, ce cépage donne au champagne une belle fraicheur et une acidité. Les champagnes blanc de blancs sont donc plus abordables en terme de consommation dans les moments chauds : terrasses de café ou autre endroit comme pour débuter un barbecue entre ami avec un magnum de Ruinart blanc de blancs par exemple. Malheureusement, pour cacher cette acidité les vignerons ont besoin de doser, certaines fois un peu trop (environ 10g de sucre par Litre), mais quelques blanc de blancs bien faits n’ont pas besoin d’un sur-dosage. Cet effet sucré se retrouve dans la nouvelle gamme de champagne que Moet & chandon tente de lancer et qui à l’air de prendre sur le continent américain. En effet, Moet désire utiliser une coutume courante dans le monde de la nuit qui est « la piscine de champagne« . C’est le fait de mettre des glaçons dans le verre pour refroidir rapidement un champagne resté trop longtemps en température ambiante. Moet propose donc le Moet & Chandon Ice Imperial dans des verres et non des flûtes. Ce champagne est un demi-sec, dosé à 45 grammes par Litre. Personnellement, je préfère de loin des champagnes demi-secs qui ont été conçus pour la dégustation à température basse (4 ou 5°C) comme par exemple la cuvée Rich de Pol-Roger ou bien l’historique demi-sec de Veuve Clicquot.

Champagne Moet & Chandon Ice Imperial


Nous disons donc au revoir cet été à de superbes champagnes millésimés trop lourds pour cette envie de fraicheur et qui a contrario sont là pour se déguster. Exit le millésime 2002 qui se vend en ce moment et qui est le meilleur millésime de ces 15 dernières années au même niveau que le 1996. Mais, il est toutefois possible de faire un diner tout au champagne avec en apéritif un champagne blanc de blancs de préférence non millésimé pour garder une certaine fraicheur et de continuer sur un magnum de champagne Roederer brut par exemple qui s’alliera très bien avec des plats légers. la maison Bollinger et son Special Cuvée sont également une très belle alternative. du côté des vignerons indépendants, partez sur un Egly-Ouriet Vieillissement prolongé (ou VP).

Naissance du champagne

En Champagne, on fait du vin blanc avec, en majorité, des raisins noirs, ce qui est interdit dans toutes les autres appellations contrôlées en France. Si le Chardonnay est bien un cépage blanc, le Pinot Noir et le Meunier sont des cépages noirs c’est à dire que les raisins ont la peau bleu-noir. Les pigments (matière colorante) sont contenu dans la peau du raisin, accrochés à la face interne. Mais le jus contenu par ces grains est incolore ou presque, quelle que soit la couleur de la peau. Les pigments sont très solubles dans l’alcool mais peu solubles dans l’eau. Le jeu pour obtenir des vins blancs à partir de raisins noirs va donc consister à apporter aux pressoirs des raisins aussi intacts que possible (les machines à vendanger ne sont pas autorisés en Champagne) pour les écraser vite, sans que le jus ne macère avec la peau, sans que les pigments de la peau n’aient le temps de colorer le jus. Après le pressurage, le jus du raisin est acheminé à la cuverie où il va fermenter. Chaque lot est identifié selon sa provenance, son cépage et isolé des autres. Cette première fermentation alcoolique n’est pas différente de ce qu’elle est dans les autres régions productrices de grands vins blancs. Ce jus de raisin est constitué, pour l’essentiel, d’eau, de sucre et de levures. Les levures vont « manger » le sucre et le transformer en alcool. Selon les années, on peut-être conduit à ajouter du sucre (dans des proportions réglementées par la loi) et des levures. Après cette fermetation, le jus de raisin est devenu du vin (tranquille, c’est à dire sans bulle) qui titre environ 11° d’alcool. Il faut 17 à 18 grammes de sucre pour faire un degré d’alcool. Intervient ensuite une seconde fermentation dite malolactique. C’est une dégradation d’acides essentiellement de l’acide malique (plus ou moins stable), en acide lactique (stable). Si cette fermentation se faisait en bouteille, le vin risquerait de devenir vinaigre. Cependant quelques maisons de champagne ne font pas faire à leurs vins cette seconde fermentation pour conserver une acidité plus grande. Il faut alors stabiliser le vin par divers moyens (anhydride sulfureux, passage à froid pour tuer les bactéries restantes ou centrifugation). Plus qu’un simple phénomène biologique naturel de désacidifications des vins, la fermentation malolactique est un élément réel et déterminant du style propre à chaque maison. Elle accroît sa complexité. Cépages, provenances, qualités sont à ce stade toujours isolées. Le chef de maison et le chef de cave, entourés de leur équipe de dégustateurs vont réaliser un exploit : additionner les qualités et en même temps soustraire les défauts de ces différents vins en les assemblant. Le tout dans une vision prospective puisque le vin n’a toujours pas subi sa troisième fermentation qui va le rendre effervescent. A la fin de l’hiver, le vin tranquille est collé et filtré (on l’appelle « vin clair« ) puis tiré en bouteilles où on lui ajoute une liqueur. Cette opération s’appelle le tirage. La liqueur de tirage est faite de sucre dissout dans un vin (en général vieux) et de levures. Comme dans n’importe quelle fermentation alcoolique, les levures mangent le sucre, produisent de l’alcool et du gaz carbonique. Dans la bouteille soigneusement bouchée, la pression va monter à 5 voire 6 atmosphères. Cette production de gaz carbonique s’appelle logiquement la « prise de mousse », les bouteilles sont mises sur lattes, c’est à dire disposées tête bêche sur de fines lattes de bois, sur des kilomètres de long dans le calme et la fraîcheur stable des immenses caves champenoises : les Crayères. Cette fermentation sur lattes est très longue : de 3 à 9 mois. Mais lorsqu’elle est terminée, les bouteilles peuvent rester ainsi très longtemps. Près d’un an au minimum pour les « brut sans année » ; trois ans au minimum pour les champagne millésimés. En fait, la plupart des maisons augmentent très largement ce délai légal car les différents échanges qui se produisent pendant cette période sont très importants pour la qualité du vin. Reste à expulser ces levures, qui ont assuré la transformation du sucre en alcool, sont mortes, leurs cadavres sont très visibles à l’œil nu, ils forment un important dépôt sur la paroi de la bouteille. Il faut l’éliminer. Les bouteilles sont alors placées sur des pupitres, sortes de planche percées de trous. Chaque jour, pendant 15 à 20 jours, le « remueur » leur donnera un léger mouvement en redressant peu à peu la bouteille de façon que le dépôt descendre dans le bouchon. Un bon remueur manipule entre 30 et 40.000 bouteilles par jour. Depuis une quarantaine d’années, on utilise aussi des cages de fer montées sur des bras articulés qui reproduisent le geste du remueur pour 504 bouteilles à la foi. C’est moins poétique mais la place occupée au sol est moins importante et une programmateur électronique peut travailler 365 jours par an. Il n’y a pas de différences entres les vins issus des 2 procédés puisqu’il s’agit d’une opération de clarification purement mécanique. Reste à expulser ses levures mortes descendues dans le goulot (la gorge) de la bouteille. C’est le dégorgement. Cette opération est aujourd’hui mécanisée. Les bouteilles passent, cul tournée vers le haut, dans un bain de liquide réfrigérant à -25°C. Seul le goulot trempe dans ce bain de façon qu’un glaçon d’environ deux centimètres de haut emprisonne le dépôt. Il reste toujours mécaniquement la bouteille. La pression expulse le dépôt. Il n’y a plus qu’à introduire la liqueur de dosage, aussi appelée liqueur d’expédition. Elle est faite d’une dose plus ou moins importante de sucre dilué dans un vin. C’est cette dose qui détermine si le champagne est demi-sec, brut ou extra-brut. Le champagne est prêt à recevoir son bouchon définitif, son muselet de fil de fer et son habillage. Quelques mois plus tard, la bouteille est enfin prête à être dégustée.

Revue de Presse numéro Special RVF : Quelques nouvelles de la Champagne…

Pierre-Emmanuel Taittinger

Zoom sur la famille Taittinger

Dans un dossier de quelques pages, Pierre-Emmanuel Taittinger s’explique. Son approche du vin et du champagne est très simple, « Il y a 35 ans que je ne crache plus de vin ». Il fait partie des rares personnalités qui pensent que les notations ne veulent rien dire. Seuls le contexte et la notion de partage comptent. Il rapproche le champagne à la femme, « on ne parle pas de laideur d’une femme, alors pourquoi s’attarder sur les défauts d’un vin.. ». Les notations comparatives ont permis, selon lui, à éduquer le consommateur. Maintenant que l’éducation est faite, il n’a plus besoin et il sait quand un vin est bon. Les prix des grands vins sont démesurés, le champagne est certes un produit de luxe, mais doit rester accessible. Cette vision est possible chez Taittinger car cette marque reste familiale. Ainsi, P.E Taittinger affirme ne pas toucher de stock-options, ni de bonus quand d’autres maisons doivent reverser des dividendes à des actionnaires. Cela se retrouve donc inévitablement dans les prix du champagne, quand on trouve un Comtes de Champagne aux alentours des 110€ alors qu’un Dom-Perignon est positionné vers 135€.

Le Millésime 2010 en champagne?

Le millésime a obligé à vendanger rapidement car le dernier mois a vu apparaître de la pourriture sur les baies. Les Pinots ont souffert, surtout le Pinot Meunier, alors que le Chardonnay s’en est beaucoup mieux tiré. Les champagnes blancs de blancs pourront être millésimés. Chez Roederer par exemple, le Cristal ne sera pas millésimé mais le Rosé et le Blanc de Blancs le seront, ce dernier étant d’une belle réussite. Malgré une année difficile pour le Pinot Noir, Egly-Ouriet s’en sort plutôt bien et millésimera même son coteaux champenois en 2010.

Les récoltants-manipulants de renom hébergent leurs visiteurs?

Les 2 meilleurs vignerons se lancent dans l’hôtellerie, Egly-Ouriet a racheté une maison sur Ambonnay pouvant accueillir dès 2012 une quinzaine de chambres. Selosse, à Avize, l’avait précédé en rachetant le château de Bricout pour y installer des chambres d’hôtes. Nul doute que ces chambres pourront accueillir les touristes pour visiter les caves de ces 2 célèbres récoltants-manipulants d’Ambonnay et d’Avize.

Les grands vins sont-ils devenus des produits de luxe?

Dans la fin de ce numero special, le débat des grands vins est lancé avec plusieurs intervenants dont 2 champenois de renom : Carol Duval-Leroy et Frédéric Rouzaud directeur général de la maison Louis-Roederer. La P.D.G de la maison de champagne Duval-Leroy dénonce le côté bling-bling des buveurs d’étiquettes. L’offre est tellement infime que les prix s’envolent et laissent de côté un grand nombre d’amateurs. Frédéric Rouzaud parle plutôt d’un juste retour d’un savoir-faire sans cesse remis en question. La spéculation qui se fait donc, est-elle inquiétante? Selon C. Duval-Leroy, cette envolée des prix des grands crus de Bordeaux lui ont permis de découvrir d’autres régions plus accessibles comme les Côtes du Rhône. Selon le D.G de Louis Roederer, cette spéculation est due à créer « artificiellement de la rareté » pour faire grimper les prix et cela est dangereux en cas de fragilité conjoncturelle.

Source : Revue du Vin de France

Présentation Champagne Krug par Olivier Krug

Frédéric Durand-Bazin :
Vous êtes le directeur de la maison Krug qui prote votre nom et a rejoint le groupe LVMH depuis 1999. Est-ce que vous pouvez retracer l’histoire de Krug?

Olivier Krug :
La maison Krug a été fondée en 1843 par mon arrière-arrière-arrière grand père qui s’appelait Johann Joseph Krug qui était allemand et qui depuis une dizaine d’année travaillait dans une autre maison de champagne à qui il n’avait pas réussi à vendre l’idée d’un champagne au goût extraordinaire et consistant. Et donc à l’âge de 43 ans il trouve un sponsor, un mécène qui croit en son projet et qui l’aide à créer ce champagne au goût extraordinaire

Frédéric Durand-Bazin :
On dit que pour résumer le style Krug commence là où le champagne s’arrête. Est-ce qu’on peut en dire plus sur ce fameux style?

Olivier Krug :
Le Style Krug est un style généreux et extrêmement facile à comprendre. Le style Krug rappelle toutes les caractéristiques d’un grand vin, c’est riche en arômes, c’est complexe, c’est long, c’est profond. C’est par excellence l’un des grands champagnes à marier avec les plus belles cuisines mais il y a dans tous ces Krug énormément de finesse et d’élégance. C’est ce que j’appelle la colonne vertébrale de fraicheur de Krug qui est une des caractéristiques de Krug. Donc Krug c’est l’équilibre entre les caractères d’un grand vin et la beauté d’un grand champagne.

Frédéric Durand-Bazin :
Et il y a aussi une vinification en fûts bois?

Olivier Krug :
Pour arriver à ce goût, il y a certaines règles, on appelle ça des piliers dans la maison qui commencent par la sélection des raisins. Chez Krug on a beaucoup plus loin que la simple sélection de Pinot Noir, Chardonnay et Pinot Meunier. On va même encore plus loin dans le choix de différents crus. Dans un même cru, on peut séparer les parcelles, ces parcelles sont vinifiés, et c’est notre deuxième pilier et probablement le pilier le plus connu de la maison Krug, exclusivement en petits fûts de chêne traditionnels, on parle de pièces champenoises de 205 litres qui sont tout sauf des fûts neufs car nous ne sommes pas du tout à la recherche de tanins, de goût de bois, d’amertume qui ne correspondraient pas au goût Krug mais tout se passe dans ces échanges mystérieux entre le vin et l’oxygène au travers du bois. On a chez nous des vins qui subissent une fermentation haute fidélité, donc des vins avec énormément de caractère et d’expression. Et puis le troisième point, qui est le point le plus crucial de la maison, c’est l’Assemblage puisque Krug n’est pas réputé pour un millésime ou une spécialité mais Krug est réputé sa Grande Cuvée qui n’a pas d’année.

Frédéric Durand-Bazin :
Alors comme vous l’indiquiez, effectivement un champagne provient de l’assemblage, assemblage de crus, assemblage de millésime, assemblage de terroir et pourtant vous avez 2 vins particuliers qui sont mono-cépage, qui sont mono-crus et qui sont millésimés. Ce sont le Clos d’Ambonnay et le Clos du Mesnil, pourquoi ce choix?

Olivier Krug :
C’était des choix naturels. Dans notre process, nous sommes obsessifs avec la recherche du caractère de chaque parcelle individuelle et il se trouve que dans l’histoire de la maison, nous avons rencontré 2 parcelles magiques, la première étant cette parcelle extraordinaire du Clos du Mesnil qui est une toute petite parcelle d’1,85 hectare de pur Chardonnay niché au cœur du village du Mesnil et close de mur. Et au fil des dégustations, nous nous sommes rendu compte que les vins produits dans cette parcelle n’avait pas du tout les mêmes caractères des vins du Mesnil qui eux mêmes sont déjà formidables. Et en 1979, mon père et mon oncle ont décidé de faire une petite expérience de tirer à part les vins de ce vignoble et de voir ce que ça donnait.

Frédéric Durand-Bazin :
Et même histoire pour le Clos d’Ambonnay?

Olivier Krug :
Et même histoire quelques années plus tard avec le clos d’Ambonnay, histoire qui a commencé au tout début des années 1990 avec quelques approches et puis une acquisition secrète de ce vignoble en 1994 suivi de la formidable vendange de 1995, une mise en bouteille bien évidemment secrète et il y a 2 ans, nous avons convié les quelques amateurs de Krug et quelques amis à découvrir ce nouveau joyau que l’on cachait depuis 15 ans.

Dégustation Champagne Krug 1998 par Olivier Krug :
Ce soir, nous dégustons Krug 1998 qui est le plus récent des rares millésimes de Krug, le 4ème est dernier millésime de la décade des années 1990 qui a vu passer les exubérants 1990 et 1996, le très classique 1995. 1998 est une année atypique puisque c’est une année excessivement chaude. C’est un défi pour l’assembleur et en 1998 nous avons fait ce vin qui est opulent, riche, miellé, généreux et qui est en même temps toujours avec cette architecture de fraicheur, cette colonne vertébrale de vie que l’on attend de tous les champagnes Krug. Son prix est entre 250 et 300€ chez votre bon caviste. Le bon accord chez Krug est un sujet très vaste, très libre. Il n’y a pas de champagne plus versatile que Krug. Le bon accord peut être celui d’hier soir chez un ami restaurateur : un homard simplement grillé sur la braise avec un beurre demi-sel, succulent.

Source : Le Figaro.fr

Quel Champagne choisir pour un mariage?

Bonjour,
Nous cherchons environs 70 bouteilles de champagne, que nous conseillez vous pour servir a un mariage et quel serait le budget.
Merci d’avance,
Tanguy

Suite à cet email reçu par un client, mais d’autre avant lui m’avait plus ou moins posé la question, je me suis permis de mettre dans cet article la réponse que je lui ai faite. Voici ma réponse :

Bonjour Tanguy,

Si vous me laissez le champ libre, cela pourrait prendre une éternité quant au choix du champagne pour un mariage.. ^^ Pour faire simple, prenons mon cas puisque je vais me marier en août et que cela ne sert à rien de mettre des fortunes dans un champagne pour son mariage.

Il faut un champagne avec une grande base de chardonnay pour que le champagne soit fin et qu’un verre en appelle un autre. Ce n’est pas non plus obligatoire que ce soit un blanc de blancs mais cela peut être un premier indicateur pour un néophyte.

Donc j’ai choisit de mettre un Delamotte Brut, (aussi parce que je le connais déjà). La bouteille est à 20€ ttc et le magnum est à 40€, j’ai bien sur opté pour les magnums car cela donne un peu plus de prestige au mariage (toujours selon moi)

En ce qui concerne le choix du champagne, il est personnel, il faut bien sur passer sur une phase d’essai (de dégustation). En terme de budget, le Delamotte est la gamme moyenne qui gravite autour des 20€, nous avons le Mumm brut cordon rouge à 23,70€
Un client est venu Lundi pour me prendre 36 bouteilles de Mumm pour son mariage à la fin du mois, il souhaitait rester sur une marque connue et abordable (et bon bien sur..). Toujours dans cette gamme, vous avez le Laurent-Perrier brut à 25€ ttc et le magnum à 50€ ttc. Ce Champagne est un incontournable.

Ensuite nous avons une gamme au dessus aux alentours des 30€
Nous avons le Diamant de Vranken à 29,90€ ttc, une très belle bouteille et très acceptable en terme de goût
Il y a le Laurent-Perrier brut 2000 à 30€ ttc et le magnum à 60€ <- ce millésimé est vraiment mon champagne coup de coeur
Le Ruinart brut est l’incontournable à 31,60€ ttc
Le Roederer brut premier et le Deutz brut classic sont d’excellents champagne, très stylés Pinot mais de toute façon un champagne passe toujours bien, les 2 à 27,50€
Vous pourriez aussi faire comme le mariage du prince William et Kate et prendre du Pol-Roger brut à 24,50€ ttc (un grand champagne méconnu)

Et puis, nous avons d’excellents rapports qualité prix ci-dessous, même s’il ne faut pas s’attendre à avoir du Dom-Perignon dans le verre :
de Telmont brut 17,50€ lors de ma dernière dégustation, je fut très agréablement surpris de la qualité et la bouteille présente bien
Dehu brut à 14€ ttc est notre premier prix, il se tient très bien, un goût fruité pas désagréable, un champagne de producteur comme on s’y attend
Gardet brut 16,50€ ttc est un champagne de petit négociant de champagne soucieux de ses approvisionnements de raisins, un champagne fait avec du sérieux

Je pense que cela ne vous a pas trop éclaircit car je suis assez bavard quand on m’en laisse l’occasion
La meilleure solution serait de se rencontrer et que vous passiez acheter quelques bouteilles à l’unité pour les goûter avec votre famille. Même si j’avais déjà choisit mon champagne pour mon mariage et que cela est mon métier, j’ai quand même fait le test de la famille pour valider, c’est très important

Je reste à votre disposition
Cordialement

Guillaume Lecointre

Champagne Delamotte BrutChampagne Delamotte Blanc de Blancs

2002 : Meilleur millésime de ces 10 dernières années

Le millésime 2002 est le meilleur millésime en champagne de années 2000. Les maisons ont déjà sorti leur brut millésimé et leur cuvée haut de gamme du même millésime. Elles ont rencontré un vif succès lors des fêtes de fin d’année et sont déjà passé sur le millésime 2004. Les Chefs de Cave et Vignerons sont unanimes : l’année 2002 compte parmi les dix vendanges les plus mûres de la Champagne depuis 1942. Des raisins à parfaite maturité (entre 10,5° et 11° naturel), un état sanitaire impeccable et un degré d’acidité qui rendent les vins éternels : le millésime marquera les annales. Et les champagnes ont mérité de reposer huit longues années en cave. La lente maturation sur lies ajoutée à la qualité intrinsèque du millésime 2002 et aux terroirs donnent aux champagnes une dimension rare. Les soins apportés à la vinification et à la maturation des jus expliquent la qualité gustative des cuvées sélectionnées ici même ches les plus modestes d’entre elles. La démonstration que l’âge confère aux champagnes une dimension supplémentaires sans laquelle il n’est pas de grand champagne.

Ci dessous une sélection de cuvées millésimées 2002 à ne pas rater :

Champagne Jacquesson Millésime 2002
Jacquesson fait partie de ces « petites » maisons de champagne qui ont décidé de faire passer en priorité la qualité de ces champagnes plutôt que la quantité. De fait, les frères Chiquet, qui dirigent cette maison familiale depuis 1988, ont eu un succès considérable auprès des amateurs confirmés et de la belle restauration. Ici, Jacquesson livre un millésime 2002 à l’insolente jeunesse. De belles maisons également sont sur le millésime 2002, la plus connue de toute vient de sortir cette cuvée avant les fêtes de fin d’année : Dom-Perignon Vintage 2002. Ce millésime fait oublier le décevant 2000 qui n’a été sorti, selon moi, pour surfer sur l’effet millésime..

La plus belle des maisons de champagne est sur le millésime 2002 autant sur le brut que sur le rosé. Il est bien évidemment question du champagne Bollinger qui sort tout juste la Grande Année brut 2002. La version rosé a remporté 2 années de suite une superbe note à la RVF : Revue du Vin de France. L’année dernière, elle arrivait 2ème du classement de fin d’année avec un 19,5/20. Cette année, elle décroche la première place avec un 19/20. Le Bollinger Grande Année rosé 2002. C’est sans nul doute, la cuvée pour se faire plaisir à tout moment : à 2 en amoureux, avec des amis sur un apéritif ou à table..

Présentation Champagne Drappier par Michel Drappier

Frédéric Durand-Bazin :
Quelle est l’histoire de la maison Drappier située à Urville, et déjà où est Urville?

André Drappier :
Urville est dans le coteaux de Bar-sur-Aube, dans l’Aube naturellement. On est à un quart de Colombey-les-deux-églises dans la région de la vallée de l’Aube. Notre vignoble est situé là réparti dans plusieurs communes dans le département et principalement à Urville.

Frédéric Durand-Bazin :
C’est une maison qui a été créée quand?

Michel Drappier :
Le Domaine a été installé par les romains, aménagé par Saint Bernard de Clairvaux qui venait de Bourgogne au XIIème siècle et qui a apporté dans ses bagages le Pinot Noir de Bourgogne qui s’appelait morillon noir à l’époque. Donc on a la chance du Pinot Noir aujourd’hui chez nous et il a construit nos caves en 1152 mais la famille Drappier y est que depuis 1808 c’est à dire sous Napoléon 1er donc mon père est la 7ème génération et moi je suis la 8ème.

Frédéric Durand-Bazin :
On a tendance à parler en Champagne pus d’assemblage et de cépages que de terroirs. Pourtant la devise de la maison Drappier c’est de mettre en avant le terroir. Vous avez quand même une vision assez claire sur le rôle de celui-ci?

Michel Drappier :
Nous avons un terroir assez particulier, jurassique méridien, plein sud, très calcaire et on a pensé que c’était beaucoup plus intéressant de faire un champagne défini sur ce sol que d’essayer de faire des assemblages un peu démocratiques et légers et un petit peu neutres.

Frédéric Durand-Bazin :
Vous avez d’ailleurs une cuvée qui s’appelle la Grande Sendrée, ça vient d’où? D’un terroir particulier?

Michel Drappier :
La Grande Sendrée, c’est un groupe de parcelles situées à l’est de la colline d’Urville et il y a eu une incendie en 1836 qui a détruit le village et les environs et sur ce coteau, on a retrouvé une couche de cendres d’une vingtaine de centimètres et on appelé ce coteau les Sendrées avec un S et non un C. Sur ce coteau à l’est; le Chardonnay pousse très bien et on a fait un assemblage moitié Chardonnay, moitié Pinot Noir très intéressant.

Frédéric Durand-Bazin :
Au delà de ces cuvées, vous êtes un adepte du faible usage du souffre , pourquoi?

Michel Drappier :
Nous sommes allergiques au Souffre, trop de souffre donne des migraines, des nausées et des aigreurs d’estomac. Donc on a préféré faire des vins peu soufrés parce que c’est plus agréable. La définition aromatique est plus précise, plus originelle et originale et si au moins un jour, on n’arrive pas à vendre notre production, au moins on pourra la boire.

Frédéric Durand-Bazin :
Et ça ne pose pas de problème de conservation le fait qu’on ne mette pas de souffre?

Michel Drappier :
Alors oui et non, le brut nature sans souffre n’est pas destiné à vieillir très longtemps, disons 2/3 ans. Généralement on le boit avant. Par contre un millésimé champenois que l’on veut garder 10, 20 ou 30 ans, il faut quand même un peu de souffre. Mais ce champagne sans souffre, nous a permis d’étudier la vinification avec peu de souffre et nous a permis de réduire la dose sur tous nos champagnes qui sont peu soufrés.

Champagne Drappier Brut Nature Zero Dosage Sans Souffre

Dégustation du Brut Nature Zero Dosage par Michel Drappier :

La Dégustation du Champagne Drappier Brut Nature se fait par Michel Drappier à l’Arpège.

Michel Drappier : Là on est sur le brut nature 100% Pinot Noir zero dosage. Donc un champagne qui a été fait avec des raisins très murs sélectionnés à la parcelle, triés au pressoir, vinifié par gravité avec très peu de pompage pour que le vin ne s’oxyde pas et on a des arômes vraiment très naturels : de fruits, de levures. C’est très gourmand tout en étant très très secs. On a vraiment l’expression du fruit, du terroir et des sols jurassiques et méridiens qui sont très calcaires et un champagne qui est tout en franchise qui rafraîchit et malgré tout un fruit rond de fruit rouge, un champagne qui n’est ni filtré, ni décoloré. Une expression du champagne à l’état nature.

Visite des caves Deutz à Aÿ

Départ Place de la Concorde (Paris) à 8h hier matin en bus, nous sommes allé visiter les caves Deutz, accompagné de notre représentant David Colliot, que je remercie encore pour cette superbe expérience. Nous sommes arrivés environ 2h plus tard et sommes allés nous détendre avec un café dans les jardins derrière l’hôtel particulier William Deutz. La journée s’annonçait déjà bien très bien puisque le soleil commençait à percer les nuages gris qui nous ont suivis depuis Paris. Une fois la cigarette terminée pour les uns, le café pour les autres, nous avons commencé la visite avec le dernier descendant de la maison qui est encore chez Deutz : Jean-Louis Lallier-Deutz, qui était responsable export auparavant et maintenant dans tout ce qui touche la communication de la maison : Relation Presse, visite des caves aux professionnels, marketing sur la marque, etc..

Salon William Deutz dans l'Hôtel Particulier Deutz à Aÿ

La visite débuta par la présentation de la maison Deutz dans les salons privées où William Deutz est représenté en peinture. Les salons sont ornés, comme un château, de superbes moulures, peintures, chinoiseries, mobiliers, etc… Beaucoup d’objet venant des 4 coins de la terre montrant que la marque est implantée un peu partout dans le monde, même si le champagne Deutz a une notoriété plus forte en France (60% des ventes de Deutz se font en France).

2ème Cuverie avec des pièces de 200 hectoL

Ensuite, nous sommes passé par l’atelier de pressurage et par la cuverie qui regroupe un peu plus de 130 cuves qui contient chaque parcelle Deutz vinifiée séparément. En effet, Deutz dispose de 42 hectares de vignes en propre, plus 70% de plus en approvisionnement extérieur auprès des vignerons champenois, ces approvisionnements représentent 130 terroirs (ou crus) différents que Deutz préfèrent vinifié séparément pour tirer le meilleur de chaque parcelle. Ainsi la cuverie est très longue pour disposer de chaque cru séparément avec des cuves qui sont petites (100 hL pour la première salle et 200 hL pour la 2ème salle) en comparaison avec d’autres maisons similaires ou plus grosses qui n’effectuent ce premier tri qualitatif dans l’élaboration du champagne. Ici, Jean-Louis Lallier-Deutz nous explique les priorités de la maison, Deutz veut proposer avant des champagnes frais stylés et se concentrent en premier lieu sur le Deutz brut classic. Les cuvées haut de gamme sont vinifiées dans un second temps et si le millésime s’y prête. Tous les jours pendant 4/5 mois, le chef de cave, son assistant, Jean-Louis Lallier-Deutz et le directeur de la maison dégustent une vingtaine de crus, les décortiquent et les analysent pour élaborer l’assemblage du Deutz brut classic, emblême de la maison. Notre hôte a tenu à nous montrer derrière cette cuverie la colline d’Aÿ où Deutz y récolte des parcelles de vignes en biodynamie : avec ou sans sarments à terres, avec ou sans enherbement, etc… Pas très conluant en 2010 puisque la pourriture grise était très présente et a dévasté une grosse partie de la récolte en « bio » et la récolte Deutz en général.

La visite a continué par les caves Deutz qui ont été creusées sous la colline d’Aÿ en 2 sous parties : une partie à la même hauteur des cuves pour faciliter l’acheminent des bouteilles de champagne où tout le travail de remuage, de dosage s’y font. Il y a notamment un alignement de giropalettes qui a remplacer le remuage manuel. Ici notre guide nous explique encore un point qualitatif de la maison, Deutz remue les bouteilles pendant 15 jours alors que d’autres maisons peuvent faire cela en 2 jours. Chez Deutz, on prend le temps de faire des bons vins. La 2ème partie de la cave : la Basse Cave est beaucoup plus intéressante puisque c’est à cet endroit que sont entreposées les millions de bouteilles et où la prise de mousse se fait (=champagnisation). A savoir que Deutz recherche une prise de mousse longue (cela dure 3 mois ; toujours l’optique de prendre son temps), et ceci dans l’objectif qualitatif car plus la prise de mousse est longue, et meilleure sera la mousse. Pour cela, les bouteilles sont acheminées dans la basse cave où la température est plus basse (10/11°C), le froid favorise une prise de mousse plus longue et constante. Un prise de mousse faite en 2 semaines donne des champagnes avec un goût de verdeur. En basse cave, il y a des berceaux qui sont des énormes pièces toutes en longueur où Deutz peut y entreproser 500.000 bouteilles.

Ci-dessous 2 berceaux de stockage : le 1er à moitié plein et le 2ème contenant 500.000 bouteilles

La visite de la basse cave s’est terminée par la salle de l’Amour. En effet, les bouteilles d’Amour de Deutz sont entreposées dans une salle avec une paroi crayeuse. Ici sont entreposé les magnums, jéroboams et mathusalems, les bouteilles d’Amour de Deutz sont entreposées dans un berceau plus petit à côté. Les mathusalems sont faits en 365 exemplaires par millésime et gravés. Nous sommes maintenant sur le millésime 2002 actuellement (3000€ ttc la bouteille)

ci dessous : les mathusalems d’Amour de Deutz et la copie du bronze « Amour » situé dans la cours


Nous sommes remonté pour une petite dégustation sur le thème des bruts emblématiques de la maison avec le Deutz brut classic, suivi du brut millésimé 2005 ainsi que le William Deutz 1999. En ce qui concerne, le Deutz brut classic est égal à lui-même avec une très belle fraicheur, c’est mon coup de coeur en brut sans année car il est passe partout, aussi en apéritif, qu’à table. Le brut millésimé est sur la même lignée que le brut classic mais il est un rang au dessus avec plus de profondeur. Qui a dit que le William Deutz n’était pas une cuvée haut de gamme? Bah moi et je me trompais mais à ma décharge je ne l’avais pas goûté. Généralement, c’est ce qui arrive quand on parle sans savoir… Cette cuvée William Deutz 1999 est toujours sur la même lignée que les 2 cuvées précédentes mais il a une longueur en bouche superbe avec une note acidulée que reste longtemps également sur le bout de la langue. Ces arômes particulières pourraient laisser penser à un passage en fûts de chêne mais ce n’est pas le cas.

Ci-dessous :
A gauche : le rond de table dégustation où étaient disposées les 3 flutes à champagne
A Droite : Jean-Louis Lallier-Deutz avec David Colliot ainsi qu’une consoeur (de gauche à droite)

Un peu de repos au soleil dans le jardin privé avec une coupe d’Amour de Deutz avec une très belle acidité et une superbe fraîcheur. Et nous sommes passés à table avec des plats très raffinés, bien évidemment il y a aussi des champagnes Deutz et des vins du Rhône leur appartenant : la Maison Delas.
Vous pourrez trouver ci-dessous le menu avec les vins servis pour vous donner une idée d’accords :
– Terrine de Poisson + Deutz Blanc de Blancs
Le Deutz Blanc de Blancs est tout simplement grandiose lorsqu’il s’agit de l’ouvrir en apéritif et de le faire glisser sur une entrée à base de crustacés ou de poissons.
– Filet Mignon de Porc + Hermitage Delas 2007
Ce vin du Rhône n’est pas mon préféré car il est très fort en bouche et des notes de fruits trop marquées mais l’on note tout de même une superbe structure et le plat s’accordait très bien avec cette Hermitage.
– Tarte Boudalue + Deutz rosé
Bien évidemment un champagne rosé avec un dessert à base de fruit c’est un très bel accord, avec un dessert un peu plus sucré, le Deutz demi-sec aurait pu faire l’affaire.

Au centre Mr Jean-Louis Lallier-Deutz et tout à gauche David Colliot

Après une petite balade digestive dans la commune Aÿ, nous avons pris le bus et je suis rentré sur Paris avec le sentiment que Deutz est une maison qui prend son temps pour élaborer ses vins et que cela confirme l’idée que j’avais de cette maison : à savoir que Deutz élabore des cuvées très qualitatives et met beaucoup de sérieux à élaborer d’abord son brut sans année, le Deutz brut classic. Ci-dessous quelques photos prises, par-ci, par là dans la maison Deutz

Parcelle Deutz élevée en Biodynamie avec dans le fond les cheminées d'aération des caves

Même Parcelle vue du haut, avec une vue sur Avize

Borne délimitant les parcelles en Champagne (ici Deutz évidemment)

Mathusalem Amour de Deutz 1999 dans la salle de présentation des produits

Mathusalem Amour de Deutz 2002 dans son nouveau coffret en métal

Présentation Champagne Dom-Perignon par Richard Geoffroy

Frédéric Durand-Bazin :
Bonjour, vous êtes chef de cave chez Dom-Perignon depuis 1990, donc depuis 20 ans, ça fait donc 20 millésimes ou moins?

Richard Geoffroy :
Un peu moins quand même

Frédéric Durand-Bazin :
L’Histoire de Dom-Perignon ne débute pas avec vous, elle est un petit peu antérieure. On peut en dire quelques mots?

Richard Geoffroy :
Dom-Perignon est associé intimement à l’histoire de la Champagne. C’est toute l’histoire, c’est 3 siècles d’histoire, de traditions. C’est porter le nom de celui qui est unanimement reconnu comme le père de la champagne. C’est un figure à la fois visionnaire, charismatique et spirituelle. Et c’est une merveilleuse responsabilité que de porter le nom si haut et si fort.

Frédéric Durand-Bazin :
A tel point que Dom-Perignon est toujours à l’abbaye d’Hautvillers?

Richard Geoffroy :
Oui l’Abbaye d’Hautvillers est donc le lieu d’activité de l’homme Dom-Perignon en cette deuxième moitié du 17ème siècle et c’est une grand fierté que finalement d’avoir cet abri qui abrite l’âme et l’esprit du vin Dom-Perignon de nos jours

Frédéric Durand-Bazin :
Alors l’esprit Dom-Perignon c’est bien évidemment du Champagne mais pas que ça, c’est aussi un certaine nombre de grand principe..

Richard Geoffroy :
Cet esprit, effectivement, est de quelques grands principes, quelques grandes règles simples mais tellement fermes que de n’être que millésimé, qu’assemblé que sur des grands principes de l’équilibre parfait du blanc et du noir, d’un vignoble absolument incomparable et que d’avoir accès à l’ensemble des grands crus de la Champagne.. A savoir les 17 grands crus et ensuite sur une esthétique du vin qui est tellement bien démontré dans ce nouveau millésime 2002, d’un juge de paix, d’une vérité Dom-Perignon qui soit la bouche, d’un vrai engagement et d’une vraie philosophie de l’intensité à ne pas confondre avec la puissance, quelque chose de pénétrant, de persant, que ce soit plus sur la précision et l’harmonie que toute autre chose et enfin un potentiel de garde phénoménal

Frédéric Durand-Bazin :
On évoque les grands principes, est-ce que ça veut dire que l’on ne verra jamais de Dom-Perignon blanc de blancs et de Dom-Perignon mono-cru ou de mono-cépage ou un clos d’Hautvillers de Dom-Peringon?

Richard Geoffroy :
Certaines personnes qui croient aimer Dom-Perignon nous encourageraient d’avoir cet élément de distraction à étendre la proposition des vins Dom-Perignon vers une gamme quelque part et non. Dom-Perignon est un et indévisible, il n’est pas question de distraire de ces 2 assemblages du blanc et du rosé et au contraire d’y mettre toutes nos ressources en vignoble, en expertise, en efforts, en énergie et en amour..

Frédéric Durand-Bazin :
Là, on déguste le 2002. Est-ce que vous pouvez nous livrer vos impressions sur ce vin?

Richard Geoffroy :
C’est un millésime en mode majeur, c’est un millésime de richesse clairement et tout dans l’expression aromatique du vin, tout dans les caractères de la bouche signent un élément de richesse peut-être pas jusqu’à une opulence mais quand même. C’est en plein, les épaules sont larges, elles sont rondes, ce n’est pas sans me rappeler 1990 et c’est de ce niveau là. 2002 est à placer dans ces 20 dernières années au niveau de 1990 et 1996. Sans dépasser le 1996 mais en pedigree c’est de ce niveau-là. Un mode majeur avec un aromatique à ce stade d’existence d’un millésime Dom-Perignon. Une première sortie assez dramatique, assez grave pour un peu moins gris et un peu plus brun que d’habitude . Plus généreux et plus profond et suggérant la complexité et la bouche encore une fois : de la matière, la substance, du gras, de l’enveloppe et aussi une allonge. Dans la signature, il y a un drive qui l’emmène, qui se développe, qui s’étend, qui est assez extraordinaire et qui va rester pour toujours.